Bonheur véritable et accomplissement de soi : proposition originale en 4 minutes

Un bonheur dans une qualité d’être, qui permette de « s’approcher de la vérité, de sa propre essence et de la justice  — la justice dans le sens du bien agir… ». Un bonheur à l’opposé des conceptions naïves, angéliques et éphémères, un bonheur qui au contraire se construit pas après pas, dont les conditions sont en particulier la maîtrise de soi, la réalisation d’actes altruistes, une vision juste sur le monde, un bonheur qui nous permette d’accomplir notre humanité et dont les effets, durables, s’inscrivent dans l’âme … Difficile de résumer ce qui se révèle être déjà une synthèse présentée par Leili Anvar, celle d’une proposition de vie d’Ostad Elahi, penseur spirituel du XXe siècle, qui « synthétise toute une tradition spirituelle d’orient et d’occident » en précisant les conditions d’une vie active qui permette d’accomplir son humanité. Je vous laisse découvrir ce résumé en 4 minutes qui permet d’aborder tous les éléments d’un système dont l’élément final est sans ambiguïté : « L’amour est la racine de tout ».

Notons que cette approche complète très bien le résumé de ce monde en 6 points du même auteur, que nous avons  rapporté tout récemment, chacun de ces points (nostalgie, désirs frustrés, regrets, remords, souvenirs amers, cauchemar de la mort) s’opposant directement à tout bonheur, et nous permet de mieux comprendre l’antidote ou traitement qu’il suggère dans le même extrait :  » (…) Mais si quelqu’un travaille pour l’autre monde, de sa naissance à sa mort, il s’occupe de spiritualité. Et alors ni les vicissitudes de la vie ni les souvenirs amers n’ont de prise sur lui. Il ne pense pas aux désirs avides, il ne regrette rien. Il n’a aucune raison d’avoir des remords et il n’a pas peur de la mort. Ainsi, il est heureux tant qu’il est dans ce monde et dans l’autre monde, il sera tout aussi heureux ». (Ostad Elahi, Paroles de Vérité (Asar ol haqq 1), parole 1904, traduction Source e-ostadelahi.fr).

Leili Anvar est Maître de conférences à l´Institut national des Langues et Civilisations orientales (Paris), chercheuse, chroniqueuse sur Radio France et pour Le Monde des Religions, vidéo enregistrée au cours d’un séminaire intitulé « Performance et bonheur dans l´entreprise sont-ils contradictoires? Conciliables? Indissociables ? ». Source : http://www.trans-mutation.org/asp/l1….

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4 Responses to Bonheur véritable et accomplissement de soi : proposition originale en 4 minutes

  1. Le problème, à mon humble avis, est d’espérer aller vers Soi en allant vers les autres car dans cette démarche, l’autre devient le porteur d’une intention envers nous-mêmes, il est pris en otage et devient le prisonnier de notre incomplétude. Il ne s’agit pas d’amour dans ce cas-là mais d’un fonctionnement de prédateur. « Je prends l’autre pour qu’il me nourrisse et que je devienne ». Se pose dès lors la question de la réalité de l’Amour. Il y a, à mon sens, un ordre hiérarchique à établir. Je n’aime pas l’autre pour pouvoir m’aimer ou me découvrir mais dans un don total qui n’a pas d’intention cachée.

  2. Pierre says:

    Bonsoir Thierry
    Je suis tout à fait d’accord avec vous : la perfection de l’acte altruiste, ce « don total », réside en effet dans ce caractère désintéressé, dans l’abnégation totale. Mais cet état d’amour absolu pour autrui, je pense qu’il représente un niveau de travail sur soi et de perfection de l’âme, justement, assez exceptionnel … Qui pourrait affirmer qu’il n’y a pas un seul instant une petite part d’ego dans ce qu’il fait, même pour les autres ? Mais étant donné que c’est un véritable devoir, avant tout, que d’aller vers l’autre, et qu’on a pas d’emblée cet état d’amour parfait, on est plutôt programmé pour l’inverse, il faut bien commencer par essayer de purifier son intention autant que possible …
    Je dirais donc aussi qu’aller vers l’autre est un devoir véritable en tant que tel, et non une « technique » pour aller vers soi. Il se trouve que ça participe à la construction de soi, du moment justement où cela nous force, de fait, à travailler sur la domination de notre ego égoïste, à réfléchir comme vous le dites sur une hiérarchie de ce qu’il y a à faire (par « amour » aider les autres de manière intense alors qu’on ne voit même pas la détresse de ses propres enfants ou de son conjoint, que l’on délaisse pour ces activités altruistes : quelle est la hiérarchie de nos devoirs, comment planifier notre action sans léser personne, comment être juste, etc), à réfléchir à notre intention (pour l’autre vraiment ? pour l’autre et pour moi ? pour moi ? et ne suis-je pas en train de me duper moi même sur mes motivations ? et qu’est ce qui me pousse à agir de la sorte ? pourquoi faire ce genre d’efforts ? etc.). Et tout ce travail intérieur ne fait que renforcer la qualité de notre relation aux autres. Véritable cercle vertueux.
    Tout un travail en somme …

  3. Thierry says:

    @Pierre.
    Je ne suis pas un pourfendeur acharné de l’ego ^^J’en reconnais la richesse infinie. Il m’est utile. Il peut se révéler un parfait ouvrier. Il convient effectivement de l’identifier en toutes circonstances et de ne pas lui proposer une tâche qui n’est pas de son ressort. Il est glouton et se laisse vite emporter. Mais il n’est pas l’instigateur de cette perdition. C’est l’individu dans sa globalité qui s’est égaré. L’ego n’a fait que saisir sa chance…Etant donné que je travaille avec les enfants depuis vingt-huit ans, j’ai pu apprendre à observer cet ego qui se glorifiait du travail accompli avant même d’honorer l’évolution positive des enfants. C’est un piedestal d’une hauteur invraisemblable…Le contrecoup survient immanquablement et lorsqu’une difficulté insoumise prend le pas, la dégringolade est interminable…J’en étais le seul responsable étant donné que j’avais porté mon petit moi à des hauteurs démesurées. Il y a des chutes qu’on se fabrique avec une énergie folle…Folie justement. Aucun amour de l’autre là-dedans mais un aveuglement dont l’ego se nourrit. On peut se demander pour quelles raisons la conscience abandonne la place et se laisse ainsi submerger ? Que devient la lucidité ? J’en ai déduit que l’âme se contrefiche des dégâts collatéraux et qu’elle peut laisser l’existence de l’individu s’égarer dans des conditionnements surpuissants. Elle sait de toute façon que le retour de flamme fera griller cet ego un jour ou l’autre. Et que la vie reprendra ses droits. Elle se contrefiche également du temps que ça prendra. « Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. » Et elle n’a rien à voir avec l’existence. L’existence est un contenant, la Vie est le contenu.

  4. Pierre says:

    Cher Thierry
    Merci pour ces propos fort enrichissants. Mon propos concernant l’ego était destiné à montrer à quel point l’altruisme désintéressé, pratiqué à la perfection, reste une étape à mon sens élevée … Loin de moi l’idée de prôner un ego asservi, faible. C’est certain qu’il faut s’entendre sur ce qu’on appelle ego. Bien entendu, toutes ces puissances qui nous composent ont leurs excès et défaut qui sont toujours nuisibles. Aussi la fierté, le sens de l’honneur, le courage, sont l’expression de cette part de l’ego qui est bénéfique et vitale, même dans la lutte contre ses défauts, j’entends par là la capacité de se mettre en colère contre soi-même, etc. A l’inverse, et c’est le réel problème, notre ego égoïste n’est pas si évident à mettre au grand jour, alors même qu’il sous-tend en sous-marin nombre de nos actions, intensions, pulsions, émotions, etc, nous poussant à être en vérité nuisible pour nous même et pour les autres, prenant le contrôle même de notre raison, avec des faux schémas de pensée, des raisonnements fallacieux, désensibilisant notre conscience qui petit à petit ne s’émeut plus de rien (comme vous dites « la conscience abandonne la place et se laisse ainsi submerger »), et nous rendant obnubilés par l’idée d’un bien-être physique, psychique, matériel, laissant de côté le développement côté harmonieux de notre dimension spirituelle. L’idée est de réfléchir à ce qu’on fait, pense, dit, ressent, et de se demander dans quel sens cela va dans le sens de notre humanité, dans quel sens c’est le reflet des exigences de cet ego nuisible. Après, encore une fois, et quelles que soient les appellations de ces différentes instances qui composent notre soi, le principal reste aussi la question de la finalité de ce travail sur soi, et de l’intention dans laquelle nous le menons.

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