Peur de la mort – Antidote – Ce monde en 6 points

Pour continuer sur cette question de la mort, de l’angoisse qu’elle engendre — le cauchemar de la mort et d’une manière « saine » de s’en affranchir (de cette angoisse, pas de la mort :-)) … On avait évoqué dans le post consacré au sondage Les Français et la mort, la signification très variable de « remplir pleinement sa vie » dans la proposition « Si on remplit pleinement sa vie, la mort n’est plus à craindre ». Qu’est ce que remplir pleinement sa vie ? Je vous propose de trouver quelques éléments de réponse dans cet excellent article « Quelques réflexions sur la valeur de ce monde », où il est question de ce monde comme non-valeur, puis de ce monde comme mine de valeurs. L’argument est illustré par des citations notamment de Marc-Aurèle — traduites pour la plupart par Pierre Hadot —, de Bahram Elahi, mais c’est surtout ce texte d’Ostad Elahi qui m’a frappé. Il nous propose un résumé de ce monde en 6 points, que j’ai trouvé totalement percutant pour 3 raisons :

  • la précision chirurgicale de ces 6 points dans ce qui relève d’une véritable sémiologie de l’être humain : ce sont des émotions et pensées qui seront tôt ou tard nôtres : elles sont toutes là, la description est nette, brève, sans fioritures, calquée sur des ressentis quotidiens, on peut se reconnaître déjà dans certaines voire dans toutes, il n’est pas nécessaire d’attendre le crépuscule de notre vie pour les expérimenter … et surtout on ne voit pas tellement quel point rajouter.
  • vous verrez que c’est tellement « vrai » qu’on en prend au départ un coup au moral, ça prend presque une tournure austère dans la mesure où on se reconnaît à chaque point, et quand on arrive au cauchemar de la mort on s’y croit presque. Certains qui aiment plus les petits oiseaux et les petites fleurs auront certainement des réclamations, préférant un résumé plus angélique de leur situation, mais aussi quelque part plus naïf, plus anesthésiant … ça me rappelle mes études, en réalité lors de la publication des résultats des examens il y a toujours 2 groupes de personnes parmi ceux qui pensent avoir raté : ceux qui veulent savoir leur note, même si elle est catastrophique, ils veulent la connaître le plus rapidement possible, ils ne supportent pas le flou de l’ignorance de leur statut ; et il y a ceux qui préfèrent ne pas savoir, qui aimeraient que le professeur ne rende pas les copies, préférant repousser l’heure du diagnostic … Bref j’ai toujours fait partie du premier groupe, et la liste de ces 6 points, loin de me déprimer, m’a beaucoup plu de par la beauté du diagnostic — hé oui, sachez-le, il y a des « beaux diagnostics », il suffit d’imaginer le médecin qui, à force de tourner autour d’un patient, des différents signes cliniques, des différents paramètres des examens complémentaires,  à force de réfléchir, finit par trouver la réalité du problème, ou même décrit pour la première fois différents signes qui regroupent une nouvelle maladie …
  • Mais le plus fort reste ce qui dépasse l’éventuelle dureté du diagnostic, et complète une véritable démarche médicale pour l’âme :  après le diagnostic, Ostad Elahi nous propose un antidote, un traitement de tous ces dysfonctionnements et déséquilibres sont autant de cibles d’un travail sur soi dont les effets perdurent au-delà de ce monde et de ses difficultés.

Résumé de ce monde en 6 points en vidéo, puis texte en clair :

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Dans ce monde, nous constatons de manière évidente la réalité suivante : pour tout individu qui vient au monde, qu’il soit roi ou misérable, riche ou pauvre, beau ou laid, qu’il ait vécu en victime et dans la misère ou dans le luxe et l’abondance, il est impossible, s’il a été heureux, qu’il ait connu le bonheur absolu et s’il a été malheureux, le malheur absolu. Chacun est tantôt heureux et tantôt malheureux. En réalité ce monde peut se résumer en six points : la nostalgie, les désirs frustrés, les regrets, les remords, les souvenirs amers, le cauchemar de la mort.

1) La nostalgie : les joies et les plaisirs passés sont passés, en particulier la jeunesse et ses bonheurs divers. Ainsi passent les joies et il n’en reste que la nostalgie.

2) Les désirs frustrés : il y a toutes ces choses qu’on aurait tant aimé obtenir, et que l’on n’a pas eues ; [et on pense : ] X ou Y ont eu telle chose et moi, pas…

3) Les regrets : ah ! Si seulement j’avais fait ceci pour obtenir cela…

4) Les remords : les actes anti-éthiques que l’on a commis reviennent sans cesse à l’esprit et on se fait des reproches.

5) Les souvenirs amers : on se souvient de ses échecs ou bien d’un préjudice subi sans avoir pu se venger, etc.

6) Le cauchemar de la mort : c’est le dernier et le pire de tous. Il fait sans cesse souffrir et on vit dans la crainte du moment où il faudra mourir.

Mais si quelqu’un travaille pour l’autre monde, de sa naissance à sa mort, il s’occupe de spiritualité. Et alors ni les vicissitudes de la vie ni les souvenirs amers n’ont de prise sur lui. Il ne pense pas aux désirs avides, il ne regrette rien. Il n’a aucune raison d’avoir des remords et il n’a pas peur de la mort. Ainsi, il est heureux tant qu’il est dans ce monde et dans l’autre monde, il sera tout aussi heureux.

(Ostad Elahi, Paroles de Vérité (Asar ol haqq 1), parole 1904).

Source e-ostadelahi.fr


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