Les Français face à la mort : sondage révélateur

Hasard du calendrier en ce 1er novembre ? Dossier spécial encore une fois très intéressant publié dans le numéro Philosophie magazine de novembre : La mort, oser y penser. Notamment un sondage, Les Français et la mort, riche en informations sur notre idée de la mort, la manière dont on l’appréhende, on la craint, on l’attend, on la prépare, on la refoule, sur nos hypothèses concernant la réalité d’un autre monde, d’un au-delà, d’une réincarnation, etc. L’un des éléments les plus marquants reste un certain déni de la mort : d’après les résultats statistiques, 71% des personnes interrogées préfèrent ne pas penser à la mort. C’est un calcul basé sur les premières réponses à la question « Quand vous pensez à la mort, quelle est parmi les phrases suivantes celle qui se rapproche le plus de ce que vous ressentez à son égard ?  » (voir les proposions de réponses dans le tableau ci dessous) : les 71% totalisent les personnes qui ont tendance à « y penser le moins possible et à en minorer les effets néfastes » (en rose), alors qu’un total de 25% seraient plus dans une démarche de réflexion par rapport à la mort voire dans l’idée de « se définir par rapport à elle » (en bleu). La réponse  qui arrive le plus souvent en premier choix reste en faveur d’une incompatibilité entre « penser à la mort » et « profiter de la vie » … on peut à ce titre s’interroger sur les fondements de cette incompatibilité dès lors que l’on se place dans l’optique de l’accomplissement d’une âme qui survit à la mort du corps physique.

Notons que la proposition « Si on remplit pleinement sa vie, la mort n’est plus à craindre » a été classée dans les réponses « y penser le moins possible et à en minorer les effets néfastes » (en rose) : c’est discutable selon ce qu’on entend par remplir pleinement sa vie. On comprend que cela a été interprété dans un sens d’une jouissance de la vie telle, qu’on en oublie l’idée de la mort, qu’il n’y a plus de place pour l’évoquer ou pour la craindre, la coupe est pleine. Mais à l’inverse, cette proposition pourrait tout à fait être choisie par une personne pour qui, justement, la vie n’est en réalité autre chose qu’un terrain de préparation à une vie dans l’au-delà : remplir pleinement sa vie, dans cet objectif, diminue en effet la crainte de la mort, sans aller dans le sens d’un refoulement de cette idée du trépas … et sans être incompatible une pleine jouissance des plaisirs de ce monde ! Et peut se classer dans ces conditions dans les réponses « démarche de réflexion par rapport à la mort voire dans l’idée de « se définir par rapport à elle » (en bleu).

On découvrira par ailleurs :

  • que 46% seulement des personnes interrogées estiment « probable qu’il y ait quelque chose après la mort », avec une majorité de femmes (54% des femmes répondent oui, contre 37% des hommes).
  • que 27% seulement estiment crédible la réincarnation.
  • que 67% enfin refuseraient l’immortalité si elle leur était offerte !

Le dossier comporte enfin un développement de 3 attitudes face à ce problème de la mort :

  • l’ignorer
  • lui faire face
  • l’apprivoiser

« Philosopher, c’est apprendre à mourir … ». Je vous laisse redécouvrir en lisant ce dossier l’auteur de ces mots, mais aussi trouver laquelle de ces 3 attitudes inclut dans ses propositions les modalités d’une médecine de l’âme qui pourrait en réalité contribuer, selon la précision avec laquelle on l’envisage, à donner tellement de sens à l’âme et à son parcours que la mort – physique – n’en serait alors que l’une des étapes … obligatoires. Déstressant ? Rassurant ? Angoissant ? Stimulant ? A méditer …

Question 1 : Quand vous pensez à la mort, quelle est parmi les phrases suivantes celle qui se rapproche le plus de ce que vous ressentez à son égard ?

source

Liens Philomag:

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