La Règle d’or : Appellation Éthique d’Origine Contrôlée (AEOC) ?

La Règle d’or est partout ces dernières semaines, cela ne vous a certainement pas échappé ! Sur toutes les ondes, tous les fils d’information, dans tous les débats, on n’a jamais été aussi intéressé par la Règle d’or Cette « Règle d’or » qui fait tant parler d’elle est « le nom du projet gouvernemental qui prévoit d’inscrire dans la Constitution des règles prévoyant un retour progressif à l’équilibre budgétaire ». A tel point qu’une personne qui recherche « règle d’or » sur le moteur de recherche ultra-dominant Google pourrait penser qu’il ne s’agit que de politique — française, européenne, internationale, financière, budgétaire, etc —. Et ceci pour plusieurs des premières pages de résultats ! Seul un résultat de recherche sort du lot sur la première page des liens affichés, celui de Wikipédia, et ceci est hélas plus probablement lié à la puissance de représentation de ce site sur internet qu’au contenu du message : il s’agit de la page «Règle d’or ou Éthique de réciprocité», qui traite bien de ce qu’on appelle règle d’or depuis la nuit des temps, et qui n’a rien à voir avec la politique politicienne actuelle et l’équilibre budgétaire … sauf si nous étions dans un monde idéal où les décisions politiques étaient prises à partir de principes fondateurs éthiques relevant en priorité des questions d’attention à l’autre et de respect du Droit, et se retrouvant à tous les niveaux de ce qui est souvent appelé « l’échiquier politique » — je vous laisse juge de l’adéquation possible entre « règle d’or » (la vraie) et « échiquier politique » … C’est certainement la première et la dernière fois qu’un post de ce blog aborde de près ou de loin un sujet d’actualité politique, mais l’homonymie/phonie/graphie était trop tentante.

L’idée n’est pas de proposer une revue exhaustive sur la règle d’or, mais de profiter cette conjoncture sémantique pour pointer quelques notions, sachant bien — et c’est au fond ce qui nous intéresse ici — que c’est la mise en pratique de ce genre de règles, principes, ou prescriptions éthiques qui nourrit l’âme. Si toutefois le principe éthique est bien valide et adapté … C’est à cette idée que fait référence ce que j’ai appelé dans le titre l’AEOC, l’Appellation Éthique d’Origine Contrôlée : au-delà du jeu de mot, et parce qu’on parle d’éthique en tant que principe nutritif pour l’âme, cette appellation soulève la question de l’origine des prescriptions/règles/principes éthiques qu’on met en pratique : de la même manière qu’on ne prendrait pas de médicaments issus de contrefaçons ou prescrits par un médecin au cursus douteux, ou qu’on ne consommerait pour rien au monde des aliments avariés ou toxiques ou encore des substances incompatibles avec notre nature, et bien on ne devrait pas « consommer » une éthique inadaptée à notre âme. De fait, l’une de nos préoccupations devrait être de bien faire attention à l’origine des règles ou principes éthiques que l’on se force à appliquer … Si notre âme est d’origine divine, les règles ou principes qui la nourrissent, qui correspondent à sa nature, devraient provenir de la même origine, et non dériver de concepts pseudo-éthiques à la mode inventés par les hommes ou détournés de leur sens premier dans un but qui n’a rien à voir avec la médecine de l’âme ou la spiritualité (voir à ce sujet du spirituel et du non-spirituel : A propos du mot « spirituel » : lecture de Pierre Hadot – Exercices spirituels). De là à exiger un label ou une certification AEOC lors de la diffusion d’un principe éthique, il n’y a qu’un pas  — je vois d’ici les futures recommandations des sociétés de veille sanitaire :

« Exigez le label AEOC ! » —.

La règle d’or dans son sens premier, telle qu’on l’aborde très succinctement au travers de quelques éléments ci-dessous, semble bénéficier de l’AEOC, il suffit de voir les principes qu’elle sous-tend (en particulier le respect du droit) et ce qu’elle développe en nous (humanité, compassion, tolérance, empathie, mais aussi connaissance de soi, etc.). Après, de nombreux paramètres restent encore évaluer pour que la mise en pratique d’une telle mesure soit profitable à l’âme, citons les modalités d’application pratiques, qui doivent par exemple être adaptées à l’époque, ou encore l’intention véritable dans laquelle nous prenons nos décisions, mais ce n’est pas le sujet.

Après cette digression, quelques mots rapides et liens sur la Règle d’or, non exhaustifs encore une fois, il faudrait pour traiter de ce sujet de manière complète des pages et des pages en ligne, et surtout des années de pratique éthique et d’expériences de travail sur soi pour que ça ne tourne pas à une revue ultra-théorique d’une règle qui doit avant tout être comprise et assimilée au travers d’une pratique régulière … Ces liens sont de simples aiguillages, suivez-les pour en savoir plus.

  • Rendons d’abord hommage aux premières lignes du premier des résultat de recherche actuellement en ligne qui sort des questions — et dorénavant querelles — politiques, c’est l’article de Wikipédia :

L’éthique de réciprocité ou « règle d’or » est une morale fondamentale dont le principe est trouvé dans pratiquement toutes les grandes religions et cultures, et qui signifie simplement : « traite les autres comme tu voudrais être traité » ou « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ».

  • Dans La Règle d’or, le retour d’une maxime oubliée (Éditions du Cerf, 2009, voir une revue très bien faite de l’ouvrage ici),  Olivier Du Roy la résume dans son introduction, avant d’en faire une revue tout à fait passionnante, et j’aime beaucoup la formulation qu’il emploie car elle situe la réflexion au niveau du moi qui considère un autre moi :

« La règle d’or […] prescrit de sortir de soi pour traiter l’autre comme un moi, aussi important pour lui-même que je le suis pour moi ».

  • Lire aussi du même auteur cet article en ligne : Règle d’or (Dictionnaire de théorie … politique !).

  • Enfin, un lien passionnant : l’allocution de Karen Armstrong aux TED Talks : Faisons revivre la règle d’or, qui passe en revue les catalyseurs qui peuvent conduire les différentes croyances à redécouvrir la Règle d’or, montrant par là l’idée de principes fondamentaux transcendant les différences religieuses.

Karen Armstrong est d’ailleurs à la base d’un mouvement de diffusion de la Règle d’or au travers d’une Charte de compassion, qui est un d’après le site un « document qui transcende les différences religieuses, idéologiques et nationales ».

Encore une fois : pour toute mise en œuvre pratique d’une règle/loi/principe/recommandation éthique, exigez le label AEOC !

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